102 MÉMOIRES I)U MARQUIS DE B0UIIXÉ.
serait inexplicable si son caractère n’était pas par-faitement connu. Je continuerai donc à faireconnaître les plans du duc d’Orléans et ceux de LaFayette .
Le duc d’Orléans était le plus atroce et en mêmetemps le plus vil des scélérats; déchu de l’espoirde monter sur le trône, par le massacre du roi,et voyant ce monarque eutre les mains de M. deLa Fayette et du parti constitutionnel, qui pro-tégeait ses jours en détruisant sa souveraineté, ilavait formé le projet d’établir une guerre civile enFrance . Pour y réussir plus sûrement, il voulaitdésorganiser l’armée, la débander, en quelquemanière, réunir les soldats à la populace, aprèsles avoir révoltés contre toutes les autorités , et seservir de l’une et de l’autre contre le roi et l’As-semblée, pour se mettre à la tête du royaumeaprès avoir renversé tous les obstacles, et aprèsavoir inondé la France de crimes et de sang. Il avaitdes agens secrets dans les garnisons et des chefs dé-signés pour travailler les soldats. La débauche etla licence étaient les moyens qu’ils employaient,l’espoir du pillage était l’appât qu’ils leur présen-taient.
M. de La Fayette voulait avoir également lestroupes pour soutenir sa constitution, au cas que leroi s’en fût détaché, et que les aristocrates eussentformé un parti; il employait les officiers munici-paux des villes, les chefs des gardes nationales, labourgeoisie riche, à attirer les soldats et à les at-