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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE VI. 107

j’aime à prendre cet engagement à l’époque où ilne peut plus avoir l’air d’un marché. Je souhaitebien, mon cher cousin, que vous saisissiez les oc-casions d’en prendre avec la constitution : il estimpossible que vos talens n’excitent pas la jalousie,que vos anciennes idées ne fournissent, soit desoccasions, soit des prétextes à l’inquiétude ; il estpeut-être utile à la chose publique de vous mani-fester bien clairement sur ce point. Je voudraisque lorsqu’on dit : M. de Bouillé a les plus grandstalens et la confiance des troupes, personne n’a-joutât : Il est l’ennemi de nos principes. Pardon-nez ma franchise, mon cher cousin , je ne fais quevous répéter ce qu’on m’a dit vingt fois depuis huitjours, et j’ai besoin de ne plus entendre ce repro-che contre vous. Bonjour, mon cher cousin, agréezmon tendre attachement.»

Celte lettre ne me fit pas changer de projet nide principes, mais je n’en parlai pas à M. deLa Fayette; je lui fis à peu près la même ré-ponse que dans ma première. Je lui proposai lamême association pour le bien général et l’affer-missement d’une constitution monarchique qui as-surât les droits du peuple et le pouvoir du mo-narque. J’ajoutai que la nouvelle démarche quele roi venait de faire pour la tranquillité géné-rale , et pour le bonheur du peuple, méritait aumoins qu’on s’occupât un peu du sien ; mais il ne