IOS MEMOIRES DU MARQUIS DE ROUILLÉ.
fut pas plus loin que sa lettre, et la mienne restasans réponse (i).
Cependant j’étais toujours tourmenté à Metz ;j’avais des querelles avec la municipalité et avecle club patriotique qui excitait le peuple contremoi. On a vu , par la lettre de M. de La Fayette,qu’elles avaient été assez fortes, pour qu’il y eûtdes plaintes portées à l’Assemblée ; elles avaientpour principal objet les obstacles que j’opposaisà la fraternisation des gardes nationales avec lestroupes, qui était, comme je l’ai déjà dit, un desgrands moyens qu’on employait pour corrompreles soldats. Je cherchais, au contraire, à les éloi-gner les uns des autres et à les mettre en rivalité ;en outre, je persistais dans le refus de faire déli-vrer au peuple des villes et des campagnes lagrande quantité d’armes qu’il me demandait jour-nellement. Il résultait de cet armement général,que les arsenaux du royaume se vidaient, et ilétait prouvé que, depuis le i4 juillet précédent,plus de 400,000 fusils en étaient sortis pour armerle peuple ; dans plusieurs villes même, la populaceles avait enlevés de force, lorsqu’on s’était refuséà ses demandes exagérées; c’était d’ailleurs unmotif d’insurrection, un sujet de licence et ungrand moyen de violence des dernières classes du
(1) Je n’ai pas conservé la minute de la plupart de celles que jelui ai écrites , et dont je ne peux donner que la substance.
M. dé B.