I [8 MÉMOIRES Dü MARQUIS DE BOUILLE.
mieux à vous dire , que ce que vous avez fait, etce que vous êtes actuellement en mesure de faire.
« J’ai l'honneur d’ètre, etc., etc.
» La Tour-du-Pin. »
D’après la dernière lettre du roi, celle de sonministre , l’engagement que j’avais pris avec SaMajesté, la démarche que je vendis de faire der-nièrement, je dus établir un nouveau plan de con-duite pour le servir utilement, conséquemment merapprocher des constitutionnels et de M. de LaFayette; mais, pour me servir de l’expression duministre, quoique ne craignant pas les griffes dulion, je devais cependant m’en défier. Je cherchaid’abord à découvrir s’il y avait dans sa tète un planvaste et utile , et dans son ame assez d’énergie pourl’exécuter. S’il avait eu un grand caractère, lorsqu’ileut ramené le roi à Paris , et vaincu le parti d’Or-léans, plus par la force des circonstances que parla sienne, il aurait dû s’assurer la disposition detoute la force publique , se faire donner par le roiune grande place qui le mît à la tête du royaume,telle que celle de lieutenant-général ou de conné-table , ce qui lui avait été proposé et offert par lacour; ou, s’il craignait par-là de nuire à sa popu-larité, se faire nommer commandant-général desgardes nationales de toute la France ; faire licen-cier l’armée , la rétablir ensuite dans la forme etavec les chefs qui lui auraient convenu , en se fai-saut nommer général d’une des principales parties,