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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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120 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.

ménager des ressources pour les grandes circons-tances. J’aurais donc dû le 4 mai accepter le com-mandement de la fédération des provinces des Evê-chés et de Lorraine ; j’aurais bientôt eu celui desautres frontières qu’on mit sous mes ordres peu detemps après; ce qui me donnait un grand moyende contenir mon armée. Je devais alors aller àParis sonder M. de La Fayette, lui inspirer, si cen’est de la confiance, au moins de la sécurité,établir un plan de conduite avec ceux des ministresqui étaient éclairés et bien intentionnés (et il y enavait plusieurs que j’estimais, et auxquels je pou-vais m’ouvrir avec assurance, entre autres M. deLa Tour-du-Pin), et faire approuver ce plan par leroi, avec la promesse de sa part de le suivre. Ilaurait dû être calculé, non-seulement sur les cir-constances , mais sur le caractère de Louis XYI,qui, avec la bonté de Henri IV , n’en avait pas lesvertus guerrières. Le roi devait donc laisser mar-cher le parti constitutionnel, en s’y ménageantdes partisans; faire des observations sages et judi-cieuses sur les différens décrets qui lui auraient étéprésentés, sans en rejeter aucun, en exprimant seu-lement son vœu constant pour que les lois nou-velles fissent le bonheur de ses peuples. Les vicesde cette constitution étaient sentis par la grandemajorité de l’Assemblée; elle serait peut-être tom-bée d’elle-même, ou, ce qui était plus vraisem-blable, on y aurait fait de grands changemens,qui auraient laissé entre les mains du roi tout le