CHAPITRE VIO.
Je sonde M. de La Fayette , dans la vue de coopérer avec lui si jereconnais que ses intentions soient pures et désintéressées ;m’échoue dans mes tentatives. — Fédération générale à Paris entre les gardes nationales et les troupes de ligne ; effet qu’elleproduit dans l’armée. — Insurrection générale des troupes :détails sur celle de la garnison de Metz . —Je suis nommé com-mandant en chef de Farinée de l’est. — Mes craintes d’uneguerre civile, et mes dispositions en conséquence.
Ne devant plus quitter Metz , j’e'crivis à M. deLa Fayette que j’avais pris avec le roi l'engagementde servir la constitution, que j’y serais fidèle toutle temps que je resterais eu France ; mais que jus-qu’ici je n’avais vu que des décombres ou desruines qui s’accumulaient chaque jour; que jen’apercevais aucun plan d’édification; que je nedoutais pas que lui, que ses amis n’en eussentformé un; que c’était même ce qui pouvait justi-fier sa conduite ; que par l’expresse volonté du roij’avais prêté le serment d’obéir à une constitutionqui était un être chimérique ; que je désirais enfinla connaître, ainsi que ses vues, ses plans et sesprojets, l’assurant que je les servirais s’ils étaientutiles, comme je le supposais; mais qu’avant toutje voulais le retour de l’ordre eide la disciplinedans l’armée. J’ajoutais que je lui envoyais mon filsaîné à qui j’avais donné mes instructions; que je