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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE VIII.

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que la cour lui avait déjà offert tous les honngurset toutes les dignités qui pouvaient élever et flatterun liorame, non-seulement le bâton de maréchalde France, mais le titre de généralissime, etl’épée de connétable du royaume, et cela étaitvrai; qu’il avait tout refusé , qu’il bornait son am-bition à établir et à affermir la constitution, etaprès que le grand ouvrage serait consommé,qu’il voulait se retirer dans ses terres tel qu’il étaitavant la révolution , pour n’en sortir que lorsque sapatrie en danger aurait besoin de lui. Il ajoutaqu’il était très-content du roi qui montrait del’attachement pour la constitution, mais qu’il n’enétait pas de même de la reine. Mon fils, après avoirattendu un décret pour l’organisation de l’arméeque M. de La Fayette, réuni au comité militaire ,lui promettait toujours vainement, ainsi qu’à M. deLa Tour-du-Pira, revint me rendre compte de sesconversations avec le premier qui ne m’écrivit pas.On voit qu’il voulait jouer en France le même rôleque Washington en Amérique : mais il n’avait nile talent, ni le génie de ce grand homme, et il yavait une aussi grande différence entre les deuxnations.

Cependant, il était peut-être encore temps d’ar-rêter le mal et de sauver la monarchie et la France ;les trois premiers ordres de l’Etat, quoique chan-celans, étaient encore debout au milieu des ruines :il était aisé de les raffermir et de les faire servirutilement q la réédification d’un gouvernement

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