124 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILRÊ.
» Ma lettre vous sera remise par M. de Torriaiqui est chargé de négociations avec les princesallemands propriétaires en Alsace : c’est mon in-time ami, vous pouvez lui parler avec confiancesur toutes les affaires publiques. J’attends votre filsce matin, et c’est avec une vive satisfaction que jevois resserrer les liens de notre amitié.
» Bonjour, mon cher cousin, agréezles assurancesde mon tendre attachement. L* F***. »
Il ne me disait rien de positif par cette lettre;il ne répondait pas à mes questions, et elle étaitaussi insignifiante que celles qu’il m’avait écritesprécédemment. CeM. de T*, son ami intime, etauquel il m’engageait de parler avec confiance ,était un intrigant, qui avait fait fortune par toutesorte de moyens et à qui la révolution en procu-rait de nouveaux pour l’élever encore : aussi jeme gardai bien d’entrer dans une explicationavec lui.
Pendant que mon fils resta à Paris , M. deLa Fayette le traita avec toute sorte d’amitié, il luifit infiniment de caresses et il le vit très-souvent ;il eut de longues conversations avec lui, rempliesd’une confiance apparente , sans s’ouvrir sur sesprojets, et il parut par sa conduite qu’il n’en avaitpas. Mon fils fut alors chargé par la cour de luiporter les offres les plus flatteuses et l’espoir dusort le plus brillant. M. de La Fayette éloigna cespropositions, et répéta plusieurs fois à mon fils,