CHAPITRE VIII.
135
armes. Enfin la municipalité , instruite de ma po-'sition, vint en corps pour m’en tirer. Le maire, quiétait un très-honnête homme, harangua les soldatsqui rentrèrent avec le plus grand calme dans leurscasernes ; ce qui n’empêcha pas que le lendemainils ne se fissent donner par leurs officiers la moitiéde la somme qu’ils avaient exigée la veille. Dansle commencement d’août, ces scènes se répétèrentsuccessivement dans tous les régimens de la garni-son, sans qu’il me fût possible de m’y opposer. Lesautorités constituées et les bourgeois de Metz , ef-frayés des suites qui pouvaient résulter de la li-cence effrénée de dix mille hommes, qui ne con-naissaient plus ni chefs, ni lois, ni discipline , niautorité, se réunirent à moi pour arrêter le désor- >dre. Les gardes nationales mêmes, qui, depuisla confédération qui avait eu lieu dans cette ville ,le 4 mai précédent, m’étaient restées affectionnées,m’offrirent leurs services contre les troupes ; et avecleur assistance nous parvînmes à les remettre unpeu en ordre. Les chefs et les officiers reprirentune partie de leur autorité ; mais ils perdirent leurconsidération qu’ils ne recouvrèrent jamais.
Peu de jours après je reçus la lettre suivante deM. de La Fayette :