1 3-4 MÉMOIRES DU MARQUIS DE ROUILLÉ .
dats s’étant écriés qu’il fallait s’emparer de la caisseet des drapeaux, qui étaient chez le chef du régi-ment, à quelques pas de distance, j’appelai à moiles officiers; nous y courûmes, nous nous mîmesdevant la porte de la maison , l’épée à la main ; lesgrenadiers vinrent se ranger devant nous , en très-bon ordre , portant les armes , tandis que le restedu régiment était resté en bataille devant les ca-sernes , après avoir envoyé des détachemens gar-der les débouchés des principales rues , pour m’ô-ter toute communication avec le reste de la ville.J’avais fait cependant parvenir à un régiment dedragons, dont les casernes étaient presque conti-guës, l’ordre de monter à cheval, et de charger lerégiment allemand. Les officiers obéissent, les dra-gons s’y refusent unanimement. Les commandansdes différens corps de la garnison , ayant vouluégalement les faire agir pour apaiser celte in-surrection , les soldats refusèrent de prendre lesarmes, en disant hautement qu’ils avaient promisde ne pas s’en servir contre ceux de ce régiment,dont les demandes étaient justes, et dont ils ap-prouvaient la conduite. Ainsi , privé de tout se-cours, je restai pendant deux heures dans cetteposition, sans que les grenadiers osassent ou vou-lussent forcer la porte, gardant le plus profondsilence. Quelques-uns, excités par des hommes dupeuple qui leur criaient qu’il leur fallait de l’ar-gent ou du sang, me mirent en joue a plusieursreprises, mais les bas-officiers relevèrent leurs