i/fS MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
Nancy , et l’avaient remis aux soldats de la gar-. nison, qui l’avaient mis au cachot.
Je fus instruit en même temps p ar l’officier-géne'ral qui commandait à Metz en mon absence,que les troupes et les gardes nationales étaienttrès-mécontentes de ce que je n’avais pas voulu lesemployer; les unes et les autres lui avaient envoyéune députation pour l’engager à m’en faire la de-mande, et à l’appuyer auprès de moi. 11 était très-délicat de me servir de ces troupes dans une cir-constance aussi critique et aussi dangereuse ; jecraignais que les soldats ne se réunissent aux re-belles, et que les gardes nationales ne montrassentni le courage ni l’énergie qui étaient nécessairesdans une pareille occasion. Je pris donc le parti ,pour ne pas les mécontenter, et pour diminuer,autant qu’il était possible, ces inconvéniens , decommander seulement six cents grenadiers et sixcents gardes nationaux, que je réunis le 5o août àFrouard, à une lieue et demie de Nancy , à quatrebataillons suisses ou allemands, et quatorze esca-drons ; mais la cavalerie m’était assez inutilecontre celte ville. Les 3o et 3i , ces troupesétaient rassemblées, au nombre de trois millehommes d’infanterie et de quatorze cents che-vaux. Deux mille hommes de gardes nationalesdes départemens voisins, rassemblés quelquesjours avant par l’aide - de - camp de M. de LaFayette, aux environs de Nancy , avaient cédéaux invitations du peuple et de la garnison de