CHAPITRE IX.
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garnison ou du peuple, qui nous combattaient;que les régimens révoltés étaient retirés devantleurs casernes avec leurs canons , et que le peupleétait rentrédans les maisons, ou avait quitté la ville;mais il ne me restait plus qu’environ quinze centscombattàns répartis sur plusieurs points. J’étaissur la place royale avec environ quatre cents gre-nadiers français , à deux cents pas des casernesdu régiment du roi d’où on ne tirait pas vivement,sollicité par les grenadiers d’attaquer ce régimenttrois fois plus nombreux qu’eux. La nuit approchait,et je ne savais à quel parti me résoudre, quandM. de Rodis, un de mes aides-de-camp, vint merendre compte qu’il était parvenu aux casernes,où il avait parlé aux soldats, et les avait trouvés très-alarmés et disposés à se soumettre ; qu’ils commen-çaient à écouter la voix de leurs officiers; et que sije paraissais, il ne doutait pas de leur soumission.J’y courus à l’instant, seul ; ils parurent consternésen me voyant, et voulurent mettre bas les armes,je les en empêchai ; mais je leur signifiai de sortirde la ville dans un quart-d’heure , et ils y consen-tirent. Je leur expédiai sur-le-champ des ordrespour aller tenir garnison à vingt lieues de-là. Les of-ficiers reprirent leurautoritéetleur commandement,et ce régiment sortit de Nancy devant moi ; il enétait dehors et en pleine marche une demi-heureaprès. Ce qu’il y eut d’extraordinaire, c’est que lessoldats me demandèrent une escorte et un de mesaides-de-camp pour protéger leur marche, quoi-