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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE IX.

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l’objet d’un rapport, et qu’elle fut approuve'e denouveau. Je dois ajouter que, par un sentimentd’humanité, je m’étais écarté, dans cette circons-tance, des principes politiques que je croyais de-voir adopter pour garantir la France des plus grandsmaux dont elle était menacée et qu’elle a éprouvésdepuis.

Quoique j’eusse la guerre civile en horreur, jela croyais nécessaire alors pour sauver le roi , lamonarchie, la France entière. Le duc d’Orléansl’avait allumée ( car il a été bien prouvé que c’étaitses agens directs, secondés par les factieux et lesjacobins, qui avaient soulevé les troupes), j’enéteignis les premières étincelles : j’y étais cepen-dant bien préparé ; j’aurais rassemblé une armée pu-rement royaliste , qui plus tôt formée et plus tôt enactivité, aurait eu sans doute les premiers succès ,lesquels auraient servi à augmenter encore nosforces. Le roi, dans l’étendue de son royaume ,pouvait disposer d’environ quarante bataillonssuisses, allemands et autres étrangers, et d’environcent escadrons qui lui étaient fidèles : les nobleset une partie des propriétaires se seraient réunis àlui; le parti constitutionnel aurait partagé le restede l’armée avec le duc d’Orléans, qui était à la têtedes jacobins et de la populace, qu’on appelaitalors les sans-culottes. 11 était impossible que lesconstitutionnels ne cherchassent pas à s’appuyer duroi qui aurait eu alors un parti qu’il n’avait puavoir depuis la révolution : ce monarque sortait