l6o MÉMOIRES DU MARQUIS DE ROUILLÉ .
Ma conduite méritait-elle donc non-seulementles reproches qu’on m’a faits, ou les injures qu’onm’a prodiguées ; mais a-t-elle été repréhensihlesous aucun rapport ? La lettre du roi à cette occa-sion, celle de M. de la Fayette lui-même, celledu président de l’Assemblée, toutes remplies d’é-loges exagérés , confirmeront au moins que j’ai agiau nom de la loi et par la loi, et l’exposé de maconduite démontrera évidemment que j’ai été en-traîné par des circonstances impérieuses auxquellesj’ai dû obéir. Je rapporterai les lettres, ainsi quele décret dé l’Assemblée nationale ; on verra aussi,dans la suite de ces Mémoires , que l’Assemblée,influencée par les orléanistes , ordonna de nou-veau l’examen de ma conduite ; que Sillery , undes plus zélés partisans du duc d’Orléans, en fit
M. de Bouille, et qui prit part à l’action. M. de Bouille, lui-même,paraît dans le fond du tableau dirigeant l’une des colonnes d’at-taque ; et sur le premier plan l’on voit le généreux Désilles, saisipar des furieux , mais s’attachant encore au canon qu’il tenaitembrassé pour les empêcher d’y mettre le feu.
Peut-être avant fort peu de temps,pour répondreaux nombreusesdemandes qui nous sont adressées , publierons-nous les portraitsles plus ressemblans des écrivains dont nous imprimons les Mé-moires , et les monumens historiques les plus précieux conservéspar leurs familles, et qu’elles veulent bien ne confier qu’à nous.Les nobles procédés de M. le marquis de Bouille nous autorisentà dire que nous pourrons enrichir cette collection du tableau cu-rieux qui représente l’affaire de Nancy . Nous y joindrons aussi leportrait du général, d’après un très-beau buste sorti des mains deM. Iioudon, et qu’on regarde comme un de ses meilleurs ouvrages.
{Note des nouv. édit.)