Iy4 MÉMOIRES DO MARQUIS DE BOUILLE.
tion , ou plutôt à la révolution : ils n’obéissaient auroi que comme eu étant le chef, et à leurs officiersmoins qu’aux municipalités, et aux chefs des clubsqui en disposaient encore davantage, mais qui dansce moment ne cherchaient pas à les corrompre ,attendant une occasion plus favorable. Dans la plu-part des corps, des soldats avaient des correspon-dances avec les principaux membres de l’Assembléeconstituante , qui entretenaient parmi eux des agenssecrets auxquels ils obéissaient aveuglément et quidirigeaient leur conduite. Ainsi que je l’ai dit, lestroupes étrangères et la grande majorité de la ca-valerie ne reconnaissaient guère que le roi. Engénéral, le peuple était constitutionnel, la populacejacobine; il y avait très-peu de royalistes, excepté lesnobles, le clergé, les anciens magistrats, et presquetous les officiers de l’armée, qui avaient perdu leurconsidération et la confiance de leurs soldats.
Pendant mon voyage dans ces provinces, j’avaisreçu la lettre suivante de La Fayette :
» Je ne vous rends pas compte de vos commissions,mon cher cousin , puisque vous en recevrez untrès-détaillé; il n’y a qu’un article bien arriéré,c’est l’organisation des gardes nationales. L’As-semblée sent qu’il est urgent de s’en occuper, maiselle trouve le travail délicat à faire, et tous lesjours elle le demande, sans avoir une forte enviequ’on le lui donne, de manière que d’autres objets