CIIAl’TTHE IX.
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Dans ma tournée des provinces frontières , je re-marquai que les membres des départemens, com-posés de nobles et en général de propriétaires,étaient royalistes, sans oser déclarer leur opinion :ils l’étaient en Alsace, en Lorraine, et en Franche-Comté . Les principaux membres prirent confianceen moi, me le témoignèrent et m’assurèrent qu’ilsferaient tout ce que je désirerais pour le retour del’autorité légitime. Ainsi, sur neuf départemensque contenait la frontière que je commandais, sixétaient entièrement dans mes principes et à ma dis-position; mais leurs fonctions ne s’étendant que surl’administration, et n’ayant aucun rapport avec lapolice, ils n’avaient que très-peu d’influence sur lepeuple dirigé par les clubs et les municipalités en ri-valité avec les premiei’s, qui étaient regardés commedes aristocrates. Dans les provinces de l’Alsace et dela Lorraine , dite allemande, il y avait beaucoup deroyalistes par principe de religion. La premièreétait divisée entre les catholiques et les luthériens,qui se haïssaient mortellement. Quoique ceux-cifussent les moins nombreux, ils étaient les plusforts, étant plus remuans et soutenus par le particonstitutionnel et par les jacobins, ce qui rendaittimides les premiers qui étaient alors attachés auroi et à l’ancien gouvernement.
Les troupes, dans toutes les provinces, étaientdès-lors rentrées dans l’ordre et soumises aux loisde la discipline militaire; mais tous les régimensd’infanterie française étaient attachés à la constilu-