CÎIÀtITEË X. tg3
n'ai jamais su quel parti le roi aurait pris à Mont-médy , et quelle aurait été sa conduite à l’égardde l’Assemblée dans une circonstance aussi difficile.Quiconque a connu le caractère religieux du roi,ne peut douter qu’il n’ait eu, en prêtant son ser-ment, l’intention de l’observer scrupuleusement etd’exécuter les lois qu’il renfermait. Tel était aussimon dessein lorsque par sa volonté expresse j’eusprêté le mien, malgré ma répugnance extrême.Mais cette constitution était alors si imparfaite;elle n’était pas achevée : elle devint de jour en jourplus vicieuse et impossible à maintenir et à exé-cuter; les événemens l’ont prouvé. D’ailleurs lesconstitutionnels étaient presque tous des intriganset anarchistes par principes, et on ne pouvait mêmeêtre fidèle à la constitution, qu’en se mettant endéfense contre les intrigues des uns et des autres :alors on devenait leur ennemi, et le respect, ainsique l’attachement pour le roi, étaient un crime àleurs yeux, quoiqu’ils fussent commandés par leurthéorie constitutionnelle. On doit juger , si la posi-tion du roi était embarrassante et pénible, com-bien la mienne était fâcheuse ; et ce que devait
que Jacques Second avait perdu sa couronne pour avoir quitté souroyaume, et que la sentehce de mort rendue contre Charles I er ,avait été motivée sur ce qu’il avait fait la guerre à ses sujets. Cesréflexions qu’il a souvent communiquées, lui ont donné une très-grande répugnance pour sortir de France , pour se mettre à la têtede ses troupes, ou pour les foire agir contre ses peuples révoltés.
M. de B.i3