I(j4 MÉMOIRES Dü MARQUIS I)E ROUIT,LÉ.
souffrir un homme d’honneur, obéissant à sa cons-cience et à scs devoirs, sans cesse en oppositionavec ses principes , ou dans une attitude forcéevis-à-vis de la multitude et des factieux de tous lespartis, qui appelaient perfidie tout ce qui contra-riait leur folie ou leur scélératesse.
Je devais donc supposer que le monarque, aprèsavoir recouvré sa liberté, aurait calculé sa con-duite sur les dispositions du peuple et de l’armée ,et qu’il n’aurait employé la force que dans le casoù il n’aurait pu faire un arrangement convenableavec l’Assemblée, dont plusieurs membres prin-cipaux , à la tête desquels étaient Mirabeau , Du-port, même les Lameth , le désiraient, sentanttous les vices de leur constitution , qui menait à larépublique qu’ils ne voulaient pas, et à une anar-chie qu’ils craignaient. La plupart convenaientn’avoir eu aucun plan dans l’édification de leurgouvernement : qu’ils avaient été entraînés, malgréeux, au-delà du but. Mais c’était le club des jaco-bins qui maîtrisait l’Assemblée : alors il avait repristout son ascendant : le duc d’Orléans , qui le diri-geait, suivait l’exécution de son plan désorgani-sateur; il attaquait plus vivement que jamais LaFayette, qui était pressé à Paris par ce parti.Un grand nombre de constitutionnels de l’Assem-blée cherchaient à sortir de la position dangereuseoù ils se trouvaient. Mirabeau lui-même avait enfinété acheté par le roi , qui une fois arrivé sur lafrontière, à la tête d’une partie de ses troupes,