CHAPITRE X, Igy
vit' le roi exclusivement. Ce prinçe fut vivementpressé par le ministre Duportail et La Fayette pournommer le général Luckner en Alsace (i) ; mais ilrésista constamment, et il prononça fortement savolonté sur le choix de M. Gelb , qui fut nomméà cette place. Ainsi, quoique je ne commandasseplus en Alsace , j’y avais conservé la même in-fluence, j’y trouvais les mêmes ressources pour lesévénemens, et j’avais étouffé pour un momentles semences de jalousie et de méfiance que masituation avait fait naître.
Dans les premiers jours de février, le roi m’écri-vit qu’il me serait fait une proposition par Mira-beau et M. de Monlmorin, dont le comte de LaMarck , seigneur étranger (2) , fort accrédité à lacour , l’ami de l’un et de l’autre , serait le porteur ,et qu’il lui donnerait une lettre de sa main que lecomte de La Marck lui avait demandée pour luidonner créance auprès de moi. Le roi m’écrivaitdans ces termes :
(* Quoique ces gens-là ( en parlant de Mirabeauet de quelques autres personnes de cette trempe )ne soient pas estimables , et que j’aie payé le pre-mier très-chèrement, cependant je crois qu’ils
(1) Le, general Luckner a commandé , au commencement de la
campagne de 1792 , l'armée sur la Moselle , ensuite celle de réserve,quand Dumouriez commanda la première à l’entrée des Prussiens en Champagne . Il fut destitué après la campagne , et guillotinépeu de temps après sous Robespierre . M. de B.
(2) Le prince Auguste d’Aremberg.