ig8 MÉMOIRES DU MA.RQÜIS DE BOUILLE.
peuvent me rendre service. Dans le projet deMirabeau, vous trouverez peut-être des chosesutiles ; écoulez-le sans trop vous y livrer, et faites-moi part de vos observations. »
Effectivement, le lendemain , 6 février , M. lecomte de La Marck arriva à Metz et me remit unelettre de la main du roi, conçue en ces termes :
» Je profite avec plaisir, Monsieur, de l’occasionque m’offre le voyage du comte de La Marck àMetz pour vous renouveler les assurances de toutema satisfaction de vos services dans les circons-tances difficiles où vous vous êtes trouvé ; je nepeux que vous demander de vous conduire commevous l’avez fait jusqu’à présent, et vous assurer detoute ma reconnaissance et de toute mon estime. »
J’eus l’air, vis-à-vis du comte de La Marck,d’ignorer l’objet de sa mission. 11 me parla d’abordde l’estime et de la confiance de Mirabeau pourmoi ( je n’avais jamais vu ce fameux personnage ,et je n’avais jamais eu aucune relation directe ouindirecte avec lui ). 11 m’assura cju’il était mainte-nant entièrement dans les intérêts du roi ; qu’il yaurait été depuis long-temps sans les oppositionsque M. Necker y avait mises. 11 ne me laissa pasignorer que le roi lui avait donné depuis peu sixcent mille livres, qu’il lui en payait cinquantemille parmois, et qu’il lui avait fait en outre des