Buch 
Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
Entstehung
Seite
206
JPEG-Download
 

206 MÉMOIRES DU MARQUIS DF, BOUILLE.

fies provinces voisines, par le peuple même de laville de Lyon , el qui devait l’être, à ce qu’oncroyait, par les troupes dont on s’êtait assuré lescliefs. Le roi avait arrêté ce mouvement dange-reux qui devait avoir lieu au mois de décembre :il m’avait écrit lui-même que c’était contre songré, contre sa volonté expresse, et qu’il avait pristous les moyens pour l'empêcher.

Emery, l’ami particulier de La Fayette, dont ilm'avait parlé souvent et particulièrement danscette lettre, était un avocat de Metz et un desmembres les plus distingués et les plus accréditésdans l’Assemblée nationale, homme d’esprit et detalent : quoique attaché à la révolution, il était untrès-honnête homme; il était venu passer , le moisprécédent, quelques jours à Metz ; nous avionsbeaucoup causé ensemble sur La Fayette , quoiqueavec beaucoup de ménagement de ma part. Je luiavais dit qu’il était coupable , si ce n’était du bienqu’il n’avait pas fait, au moins du mal qu’il n’avaitpas empêché. 11 en convint, ainr' que de tous lesvices de la constitution ; il m’assura que l’Assem-blée avait été entraînée par les factieux, sans avoireu d’autre principe que celui de la destruction, etjamais aucun plan d’édification ; mais il m’assuraqu’on réparerait le mal qui avait été fait. Je luiconseillai de s’en occuper promptement avec sesamis, s’il en était encore temps. Dans une de cesconversations, Emery me dit un jour: « Mais,» Monsieur, qu’êles-vous dans tout ceci ? car per-