' CHAPITRE X. 2O7
» sonne ne connaît vos opinions. » Je lui répondis :(( Je ne suis ni aristocrate , ni démocrate ; je suis« royaliste obéissant à voire constitution, que je» trouve détestable, parce que le roi l’a reconnue;
» mais si le roi s’en détachait, je l’abandonnerais» avec lui. » Il me dit: « Vous avez raison ; si j’é-» tais né gentilhomme, je penserais et j’agirais» comme vous : mais un avocat comme moi a dû» désirer une révolution et s’attacher à une cons-» titution qui le fait sortir, ainsi que les siens, de-» l’état d’avilissement où on les tenait. »
Je répondis à La Fayette la lettre suivante dontj’ai conservé la minute :
» Effectivement, mon cher cousin , j’ai été privélong-temps du plaisir de recevoir de vos lettres,et j’ai jugé que vos occupations vous avaient em-pêché de m’écrire. Le tableau que vous me faitesde l’état de l’Assemblée, de celui des partis et desfactions qui y régnent, ce que vous me dites del’esprit qui les dirige, est vrai en même temps qu’ilest effrayant. Quelques personnes que j’ai vues icidepuis peu, et en qui j’ai de la conGance, m’ontfait la même peinture, et M. Emery est du nombre;toutes conviennent de l’excès du mal, sans connaîtrele remède. Vous me donneriez quelques consola-tions, et vous feriez renaître mes espérances, enm’assurant que vous vous occupez, avec M. Emeryet plusieurs autres gens capables, d’un plan de