CHAPITRE X.
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fut employé en achats secrets de fourrages , vivreset munitions , et fut distribué aux colonels de mesmeilleurs régimens , pour les transformer en or etpour s’en servir à faire le prêt des troupes , aprèsl’arrivée du roi à Montmédy , sans qu’ils se dou-tassent de l’objet que j’avais eu en le leur confiant.Je donnai l’alarme sur la frontière , en annonçantun grand mouvement de troupes autrichiennes quin’existait pas , et auquel on donna une telle con-fiance, que M. de Montmorin, ministre des affairesétrangères, m’écrivit pour me rassurer, ce quin’empêcha pas que le club patriotique et la muni-cipalité de Metz n’envoyassent des députés à l’As-semblée nationale, pour se plaindre que leursfrontières n’étaient pas en sûreté , et qu’on ne pre-nait pas les précautions nécessaires pour les garan-tir. Cette démarche me facilita les moyens de ras-sembler des subsistances, des munitions de guerre,de l’artillerie, des effets de campement à Mont-médy , et de placer quelques bons régimens dansles environs.
La méfiance de l’Assemblée, celle de La Fayette,1 inquiétude de la ville de Metz et de presque toutescelles de mon commandement, augmentaient tousles jours. Le ministre m otait les meilleurs régi—meus, principalement les étrangers, pour me don-ner les plus mauvais de l’armée ; si j’en gardaiquelques-uns , ce ne fut qu’en faisant agir les dé-partemens pour les conserver. Les jacobins, fu-rieux contre moi depuis l’affaire de Nancy , me