2 5o mémoires du marquis de bouille.et je le plaignis. Il retourna à Paris , accompagnédu général Heyman , commandant sous moi àMetz , qui était son ami et le mien. Celui-ci de-manda une audience à la reine qui la lui accorda:il proposa un plan concerté avec le duc de Biron ,pour faire sortir le roi et la famille royale de Paris ,et le mettre en sûreté dans une des places de moncommandement, ou en Alsace . La reine lui ditqu’elle prendrait les ordres du roi, qui lit remercierle général Heyman, en l’assurant qu’il ne voulaitpas sortir de Paris , et que d’ailleurs il n’était pasassez sûr de mes sentimens pour y avoir confiance.
Je sus toutes ces circonstances par Sa Majestéqui me les écrivit, car jamais ni l’un ni l’autre nem’en ont parlé. Celte anecdote m’a paru si extraor-dinaire, que j’ai cru devoir la rapporter; elle peutfaire présumer que bien des hommes ont été en-traînés dans cette révolution et dans les horreursqu’elle a produites, les uns par faiblesse , d’autrespar le désir d’améliorer le sort du peuple et decontribuer au bonheur général, plutôt que par desvues d’ambition particulière : c’est surtout ce qu’onpeut remarquer parmi les constitutionnels quipour la plupart se sont arrêtés à la vue des crimesque la révolution a enfantés, qui ont été les ins-trumens dont les jacobins se sont servis, et ensuiteleurs victimes.
Dans le courant d’avril, je fis partir M. de Goguelatpour Paris ; je lui remis une lettre en chiffres pourle roi; je lui fis part des dispositions générales que