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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE XI.

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occasiouerait, soit pour le délivrer, soit pour sasûreté en continuant sa route , et chaque quart-d'heure perdu les multipliait, ainsi que les dan-gers ; je fis donc le plus de diligence possible.

Je rencontrai, à peu de distance de Varennes , ledétachement de royal-allemaud que j’avais en-voyé en avant , arrêté à l’entrée d’un bois, par lesgardes nationales qui le fusillaient -, je les fis dis-perser, je me mis à la tète du détachement, suivid’assez près par le régiment; j’arrivai à neuf heureset un quart auprès de Varennes, et je reconnais-sais l’endroit pour l’attaquer dès que royal-alle-mand serait arrivé, quand je vis une troupe dehussards qui étaient en dehors de la ville: c’étaitune partie de l’escadron qui était à Dun , qui avaitété au secours du roi et qui n’avait pu entrer dansla ville. M. Desion qui le commandait, vint à moiet m’annonça que le roi était parti depuis une heureet demie ; et il en était alors neuf et demie.M. Desion avait été dans Varennes; il avait parléau roi et lui avait demandé ses ordres, en lui an-nonçant que j’arrivais avec des troupes, et en l’en-gageant à m’attendre; mais Sa Majesté lui avait ré-pondu : « Je suis prisonnier, je ne peux donner» aucun ordre ; dites à M. de Bouilîé que je crains» bien qu il ne puisse rien pour moi ; mais que je lui» demande de faire pour moi ce qu’il pourra (1). »

( 1 ) M- Desion était un capitaine (te hussards , né en Alsace , quiparlait allemand , et qui voulut parler dans cette langue à la reinequi refusa de l’écouter. M. de B.

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