2/(8 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILUÉ.
Menehould à Varennes, qui aurait arrêté l’aide-de-camp de M. de La Fayette ; pourquoi, en arri-vant dans cet endroit, ils se laissèrent reconnaîtrepar les gardes nationales et par le peuple, quiétaient alors en petit nombre; et enfin pourquoi ilsne me firent pas avertir sur-le-champ, si toutefoisils ont pu le faire, ayant été arrêtés eux-mêmespresqu’au moment de leur arrivée ?
Pour en revenir aux circonstances qui sont per-sonnelles au roi, il fut encore reconnu à Sainte-Menehould , où il se montra beaucoup, par lemaître de poste, qui n’osa pas l’arrêter dans ce mo-ment, la voiture étant attelée et prête à partir,mais qui envoya son fils à Varennes pour avertir lamunicipalité. Il fut reconnu parle commandant dudétachement de dragons qui était dans cette ville ,qui voulut faire monter sa troupe à cheval ; maisles gardes nationales, également instruites du pas-sage du roi, placèrent un détachement devant laporte des écuries, qui les en empêcha. Un seulmaréchal-des-logis trouva le moyen de monter àcheval et de s’échapper, ayant reconnu le trop cé-lèbre Drouet, fils du maître de poste, qui parlaitpour Varennes ; il le suivit pendant quelques heurespour l’arrêter ou pour le tuer ; mais il le pei’ditdans un bois, et il arriva long-temps après lui danscette ville. Le roi fut également reconnu à Cler-mont par le comte Charles de Damas qui voulutfaire monter ses deux escadrons à cheval ; mais lamunicipalité ordonna aux dragons de ne pas