258 MÉMOIRES DU MARQUIS'DE BOUILLE.
que je crois devoir rapporter, démontre qu’il nes’e'tait pas mépris sur les véritables motifs de celleque j’avais écrite à l’Assemblée ; et, en justifiant maconduite à cet égard, elle donne des détails très-intéressans, et elle fait connaître l’opinion desprincipaux membres de la majorité de l’Assembléeconstituante lorsqu’elle fut écrite.
« A Paris , le 1 6 ju illet 1791.
» Je suis Français comme vous, et du parti con-traire au vôtre. Maintenant, avant d’entamer ce quifait le sujet de cette lettre , jevais vous d ire quelleest ma manière de penser sur vous, afin que vousvoyiez à qui vous avez affaire.
» Je n’ai jamais cessé de vous estimer , et cesderniers événemens-ci, que vous avez dirigés, nem’ont point fait changer : vous êtes doué de beau-coup de talens, d’un grand courage, et, quoi qu’ondise aujourd’hui dans le parti contraire au vôtre ,d’une grande droiture de caractère et d’une grandeprobité. Vous n’aimiez point une révolution aussiétendue ; je crois que vous vous trompiez , et à trois
au commandement de l’année du Rhin , il rétablit d’abord la dis-cipline parmi les troupes. Mais tandis qu’il battait les Prussiensaux environs de Landau , on demandait sa tête à la Convention.Il avait courageusement refusé de s’associer aux fureurs de l’anar-chie, en acceptant le ministère de la guerre après le 01 mai : cefut là son crime. Sa constance en allant à la mort , étonna ses jugeset ses bourreaux. Il périt quatre jours avant la révolution du 9thermidor. ( Note des nonv. édit. )