266 MÉMOIRES DU MARQUIS DE ROUILLÉ .
je conçois que cette démarche puisse vous en ins-pirer; mais c’est à vous que j’en appelle pour ladissiper. Réfléchissez-y bien, et voyez si elle a puêtre dictée par un autre motif que par celui du bienpublic, qui seul, et je le jure, m’a toujours animé ,par l’amour pour mon roi, sur les malheurs duquelpersonne n’a plus gémi que moi, et par les senti-mens d’estime que je vous porte. Ne croyez pas nonplus que le motif de cette lettre ait été produit paraucun sentiment de crainte personnelle : jamais unpareil sentiment n’est entré dans mon ame; et, sivous entriez en France à la tète d’une armée, touten vous estimant, je serais un des premiers et desplus ardens à vous combattre.
» Puissent les considérations que je viens de voussoumettre , se trouver d’accord avec votre manièrede penser! C’est le plus ardent de mes vœux.
» Ceci n’est que le résultat de ma manière depenser particulière ; mais étant à portée, par maposition , de connaître celle des hommes estima-bles qui, en ce moment, dirigent l’Assembléenationale, je crois pouvoir vous assurer qu’elle estla même que celle que je viens de vous exposer.
« Je vous envoie cette lettre sous l’enveloppe depersonnes qui, j’espère, vous la remettront exac-tement; je vous l’envoie par duplicata et de deuxendroits différens, afin d'être bien sûr quelle vousparvienne.
» Si vous désirez que je vous mette au courantde ce qui se passe dans ce pays-ci, et de la situation