CHAPITRE XII.
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Mon opinion ne' fut que trop vérifiée par les évé-nemens qui ont succédé jusqu’à la mort de Ro-bespierre . Ainsi quoique espérant peu d’une né-gociation , il ne fallait pas s’en ôter les moyens,mais se préparer sérieusement à la guerre. Je suivisce parti, qui était pour beaucoup de Français lemoyen de la défense naturelle, et pour ceux quiaimaient leur patrie, un moyen de la servir encore.Les époques du 10 août et des 2 et 3 septembre1792, la tyrannie de Robespierre , celle de sessuccesseurs, prouvent combien il était fondé.
Quelques jours après mon retour à Luxem-bourg , j’en partis pour aller voir les princes,frères du roi, à Coblentz . Je leur dis avec véritémon opinion sur la situation du royaume, sur lesdispositions du peuple et de l’armée. Je mis mesréflexions par écrit et les leur donnai (1). Je pen-sais que, si une partie du peuple (j’entendais lespropriétaires) haïssait la constitution, ou plutôtla révolution , une autre beaucoup plus nombreusey était attachée par intérêt, par amour-propre etpar ambition ; que les clubs révolutionnaires éta-blis dans toutes les villes, dirigeaient la populaceet contenaient les gens bien intentionnés ; que lepeuple , dans les campagnes, n’aimait le nouvelordre de choses qu’à cause du soulagement qu’il