288 MÉMOIRES DO MARQUIS DE BOUILUÉ.
moins comme bien dangereux. Les aristocrates,les constitutionnels et les jacobins de l’Assembléese réunirent sur un seul point qui mit le combleaux malheurs du royaume : tous , également décou-ragés et ennemis les uns des autres, convinrentunanimement de se séparer après l’acceptationd’une constitution monstrueuse , dont la plupartd’entre eux connaissaient tous les vices , et qu’ilsléguèrent à leurs successeurs comme la robe em-poisonnée de Nessus (i).
On devait donc très-peu compter sur les res-sources de la raison pour ramener les Français àun bon gouvernement; on devait même prévoirque le règne du jacobinisme et de l’anarchie com-mencerait bientôt, et que la force était désormaisle seul moyen pour éviter au royaume des mauxplus grands encore que ceux qu’il avait éprouvés.
(i) On jugera par la lettre de M. de Beauharnais , par celle-ci,par la conversation du duc de Biron , que la plupart de ces consti-tutionnels, à l’exception d’un très-petit nombre d’intrigans, étaient,parmi la noblesse principalement, des hommes trompés. J’en aiconnu plusieurs particulièrement , qui étaient de très-honnêtesgens., et qui faisaient beaucoup de mal sans s’en douter. Pétion,Marat, et surtout Danton , avec l’argent du duc d’Orléans , quivenait d’hériter du duc de Penthièvre son beau-père , furent lesauteurs de l’affaire du 10 août et des massacres du 2 septembre.Ou voulait avoir un moyen d’arrêter le roi , et un prétexte pourprononcer la déchéance. Les massacres dus septembre eurent lieupour intimider les électeurs, et pour composer de jacobins la Con-vention qui allait se former. Danton et Camille-Desmoulins avaientprécédemment été payés par La Fayette pour écrire pour le roi.
M. de B.