CHAPITRE XII.
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paraissait assez invraisemblable , soit pour sou-mettre les peuples, ce qui était plus difficile ; maisque l'oi'dre ne pouvait être rétabli et maintenu ,et l’autorité royale bien affermie, que par un gou-vernement qui, en améliorant le sort du peuple ,assurât la destruction des anciens abus. Enfin,j’ajoutai que le moment des sacrifices était arrivé,qu’ils étaient devenus indispensables; que l’on setrompait si l’on croyait que la noblesse pût ren-trer dans tous ses privilèges , les parlemens recou-vrer leur ancienne existence, le clergé ses richesseset ses prérogatives, et le gouvernement son indé-pendance et son autorité absolue. On jugera quele seul point sur lequel je me trompais, était lepeu de résistance que je supposais que les Fran-çais opposeraient aux armées étrangères, ce quisera toujours mon étonnement. Mes observationsne s’accordaient pas avec l’opinion de tontes lespersonnes qui avaient quitté le royaume ainsi quemoi, et particulièrement de celles qui avaient laconfiance des princes, si ce n’est sur la facilité defaire la conquête de la France , et de soumettrele peuple français par la force des armes, et jetaissur cela seul dans l’erreur. On doit juger du peud effet que mes réflexions produisirent.
Dans les premiers jours d’août, je fus m’établirà Mayence ; j y étais invité par l’électeur, hommedesprit, de mérite, d’un commerce très-doux ettres-aimable. Le ministre de Prusse m’y engageaégalement : il me témoigna, de la part de
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