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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE XUI.

5oi

sanction , forcée clans la circonstance , n’était d au-cune importance, étant possible de revenir sur toutce qu’on aurait fait, et de donner à la France unbon gouvernement qui satisfît les peuples et quilaissât à l’autorité royale une latitude de pouvoirssuflisans pour maintenir la tranquillité au dedanset pour assurer la paix au dehors. 11 me demandale plan de disposition des armées, en m’assurantqu’il l’examinerait à loisir. Il m’ajouta que je pou-vais m’en retourner à Mayence où le comte deBrown, qui devait commander ses troupes et quiétait alors dans les Pays-Bas, me ferait avertir,ainsi que le prince de Hohenloë qui allait en Fran-conie , pour conférer ensemble, quand il en seraittemps.

Je jugeai que l’empereur ne s’était arrêté à ceplan pacifique et extrêmement raisonnable, depuisla conférence de Pilnitz, qu’aptes avoir consultéLouis XVI dont le voeu avait été constammentpour un arrangement et pour employer la voiedes négociations plutôt que le moyen violent desarmes. J’appris, avec certitude, qu’il n’avait jamaisété question de placer un corps de quinze millehommes de troupes autrichiennes sur la frontièredu pays de Luxembourg , pour protéger le roi àMontmédy , et j’eus raison de présumer, et mêmedêtre persuadé que ce monarque ne m’en avaitdonné 1 assurance que pour calmer mes inquiétudes.Je retournai à Mayence où je trouvai la lettre sui-vante du roi de Suède . Je ne transcrirai pas ici les