3o6 MÉMOIRES OU M4RQUIS DE ROUILLÉ.
dans les occasions où je pourrais être utile à monsouverain et à ma patrie. Je lui rappelai combienil serait utile que les troupes russes et suédoisessortissent de la Baltique avant l’hiver, afin d’êtreen état d’agir au printemps.
Dans l’intervalle du temps qui s’écoula entre malettre et la réponse du roi de Suède , il se passa enFrance des événemens que je n’avais pas prévus, etqui me causèrent beaucoup de surprise et de peine.L’Àssemblée constituante, après avoir achevé sanouvelle constitution, l’avait présentée au roi quil’avait acceptée sans aucun changement, mais ense permettant simplement quelques légères obser-vations sur les principaux défauts qu’il y avait re-marqués (x). Cette Assemblée , qui avait perdu saconsidération, ainsi que l’estime et la confiancede la nation, dominée par les jacobins et les or-léanistes alors réunis , s’était séparée après avoir
(1) L’Assemblée constituante allait se dissoudre d’elle-même parla lassitude de ses membres , et plus encore par la supériorité que lesjacobins , que le duc d’Orléans dirigeait alors, avaient acquise ; carlesautres chefs, sij’en excepte peut-être Robespierre , dontlesvuesétaient cachées , ne voulaient qu’un changement de dynastie enfaveur de ce prince qui avait remué les jacobins lors du retourdu roi deVarennes. Ils s’étaient rassemblés au Champ-de-Mars ;ils avaient voulu présenter une pétition , que l’on prétend avoirété faite par Laclos, pour que l’Assemblée prononçât la déchéancedu roi , et pour qu’on lui nommât un successeur. La Fayette , a latête de la garde nationale , les avait dissipés. Il quitta peu de tempsaprès ce commandement pour prendre celui de l’armée que j’avaiscommandée. M.deB.