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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE XIII.

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décrété l’élection de nouveaux députés pour for-mer une Assemblée nationale permanente, quidevait désormais représenter le peuple français ,conserver la puissance législative et la trans-mettre successivement à d’autres Assemblées, quidevaient se renouveler à des époques fixées par laconstitution. J’appris en même temps que les ja-cobins s’étaient rendus maîtres des élections ; quela nouvelle Assemblée était composée en grandepartie des hommes les plus médians, les plus scé-lérats et les plus audacieux qu’il y eût en France ;qu’on devait craindre qu’ils ne consommassentl’ouvrage de la précédente Assemblée, en détrui-sant entièrement la monarchie , et en supprimantjusqu’au titre de roi (1).

J’appris que, sur lademande de La Fayette, l’As-semblée constituante , avant de se séparer, avaitrévoqué le décret qu’elle avait rendu précédem-

( 1 ) Ce qui contribua en partie à la mauvaise composition delànouvelle Assemblée, fut que la première avait de'crété qu’aucunde ses membres ne pourrait y être clu. Elle lit, à la hâte , un triagedes lois rendues par elle. Les membres donnèrent leurs voix parassis et levé , sur l’acceptation du code qui renfermait la consti-tution.

Il y avait quatre partis en France : i° les royalistes ; a" les im-partiaux qui formaient plutôt une opinion qu’un parti ; 5° les cons-titutionnels ; 4° les jacobins. Ceux-ci, devenus les maîtres , se di-visèrent en orléanistes et en républicains, qui le furent eux-mêmes,par la suite , en girondistes, en fédéralistes, à la tête desquelsétaient Brissot, Danton , Camille-Desmoulins et Condorcet , et enrépublicains conduits par Robespierre et Marat . M. de B.

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