3lO MÉMOIRES DU MARQUIS DE ROUILLÉ .
je ne reçus que des réponses vagues. Je conseillaialors au roi de Suède d’ouvrir un emprunt en Hol-lande , ou dans les villes libres maritimes du nord,sous la garantie de l’Espagne , dont cependant lesdispositions me parurent changées à l’égard desaffaires de France .
J’appris que l’anarchie augmentait chaque jouren France , ce qui n’était que trop prouvé par lafoule d’émigrans de tous les états qui se réfu-giaient sur les frontières étrangères. On les armait,on les enrégimentait sur les bords du Rhin , et l’onen formait une petite armée qui menaçait les pro-vinces d’Alsace et de Lorraine . Ces mesures réveil-laient la fureur du peuple et servaient les projetsdestructeurs des jacobins et des anarchistes. Lesémigrés avaient même voulu faire une tentativesur Strasbourg , où ils croyaient avoir des intelli-gences assurées et des partisans qui leur en auraientlivré les portes. Le roi, qui en fut instruit, em-ploya les ordres et même les prières pour les ar-rêter et pour les empêcher d’exercer aucun acted’hostilité. 11 envoya à cet effet, aux princes sesfrères , M. le baron de Vioménil et le chevalierde Coigny, qui leur témoignèrent, de sa part, sadésapprobation sur l’armement de la noblesse fran-çaise , auquel l’empereur mit tous les obstaclespossibles, mais qui continua d’avoir lieu.
Je reçus, à la fin cle décembre, la lettre sui-vante du roi de Suède . Elle l’épondait à plusieurs