CHAPITRE XIII.
3l I
articles de celles que je lui avais écrites depuis lemois de septembre précédent.
« Stockholm , le 23 décembre 1791
»Monsieur le marquis deBouillé, j’ai reçu exacte-ment toutes les lettres que vous m’avez écrites. Vousne devez pas douter que je ne les aie lues avec toutel’attention que doit inspirer tout ce qui vient d’unhomme de votre mérite, et qui roule sur des af-faires auxquelles je prends un intérêt si vif et sisincère. Je ne vous cacherai cependant pas qu’il ya une de vos lettres qui m’a surpris, autant qu’ellem’a fait de peine. J’ai cru que nous avions fait uneconvention à Aix-la-Chapelle , et qu’en chevalierfrançais vous y resteriez fidèle. Le zèle pour votresouverain infortuné vous ayant fait quitter votrepatrie , et vous étant attaché à moi, son plus an-cien allié, et, vous le voyez maintenant, sonunique et fidèle ami, je devais croire que ce ne se-rait que pour lui que vous pourriez me quitter, etque la Suède était devenue votre seconde patrie.Mais j’aime à croire que votre attachement à votresouverain, ce sentiment si noble et si respectablequi vous distingue, vous a emporté, par l’enthou-siasme le plus naturel, pour ceux que vous croyiezalors qui devaient servir sa cause. Vous avez vudepuis qui avait, de moi ou d’eux, le zèle et laconstance jointe à la sincérité. Je ne doute pas