314 mémoires du marquis de rouillé.second. J’espère qu’il ne me fera pas faux bond. Jelui envoie, pour cet effet, les provisions et lebrevet de sa charge, ainsi que ceux pour le comtede Bouille et le chevalier de Rodais, en le priantde se souvenir qu’il m’a promis d’être mon secondet mon compagnon d’armes. Sur ce, je prie Dieu,Monsieur le marquis de Bouille, qu’il vous ait ensa sainte et digne garde. Gustave.
» P. S. J’ai écrit au comte Lovenheilm, mon mi-nistre à La Haye , de me donner tous les renseîgne-mens nécessaires sur les troupes en question. »
On pourra juger, par cette lettre, que le roi deSuède était très-incertain sur les véritables projetsde l’empereur et de ses co-alliés, qui devaient êtrealors de ne plus se mêler des affaires de France .Sans doute l’impératrice en était instruite, maiselle ne les lui avait pas communiqués. Je savaisque dans ce moment elle employait toute son in-fluence sur Fempereur et le roi de Prusse, pourles engager à déclarer la guerre à la France . Elleavait même écrit une lettre très-forte au premierde ces souverains, où elle lui représentait que leroi de Prusse, pour une simple impolitesse qu’onavait faite à sa sœur, avait fait entrer une arméeen Hollande, tandis que lui-même souffrait pa-tiemment les insultes et les affronts qu’on prodi-guait à la reine de France , la dégradation de sonrang et de sa dignité, et l’anéantissement du trôned’un roi, son beau-frère et son allié. L impcra-