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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE XIV.

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et, malgré leurs représentations et leurs instances ,il se décida à aller au bal où il entra avec assuranceet se promena, donnant le bras au baron d’Essen ,son premier écuyer.

A peine avait-il fait deux tours dans la salle,que la foule qui lui avait été annoncée dans lalettre , le pressa beaucoup. Les assassins s’appro-chèi’ent de lui par derrière, du côté où il n’était pasaccompagné , et il reçut un coup de pistolet chargéavec de la mitraille, dans le flanc gauche au-des-sous des reins. Ils s’éloignèrent aussitôt. La sallefut remplie de fumée, et des cris répétés, au feu /aufeu ! augmentèrent la confusion. Le roi, par unmouvement qu’il fit au moment où il fut frappé ,avait dérangé le coup qui devait le tuer sur la place.Il tomba cependant sur un banc. Il ordonna aussi-tôt qu’on fermât les portes et qu’on fit démasquertout le monde. 11 fut conduit dans l’appartement dela maison d’Opéra, sans que les conjurés fissentaucun effort pour achever l’exécution de leur com-plot. Ils étaient cependant neuf auprès de lui, et,avec plus de courage, ils auraient pu achever leurcrime. Le roi, dans ce moment, reçut quelquesministres étrangers, montra un grand courage etune égale générosité; car ayant demandé si l’assas-sin était arrêté, et ayant su qu’il ne l’était pas en-core: « Dieu veuille, dit-il, qu’on ne le trouvepas ! »

Cependant ce malheureux avait laissé tomber sesarmes après avoir commis son crime. Un des gens