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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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55a MÉMOIRES DU MARQUIS DE ROUILLÉ .

rage leur manqua cette fois et plusieurs autres. Lemasque seul put les enhardir; encore est-il connuque , si la nuit de l'événement les conjures eussentmanqué leur coup, ils étaient tellement fatigués desentreprises qu’ils formaient depuis six mois, qu’ilsy auraient renoncé. Mais le moment n’élait pasencore arrivé. Ce fut au bal masqué de l’Opéra ,la nuit du i6au 17 mars 1792 , que la catastropheéclata.

Le roi, soupant avant le bal, avec un petitnombre de personnes de sa maison, reçut unelettre anonyme en français , par laquelle on l’en-gageait à ne pas y aller, devant y être assassiné.L’auteur de la lettre disait n’être ni l’admirateur,ni l’approbateur de la politique et de la morale duroi, mais, en homme loyal, se faire un devoir del’en avertir. 11 le prévenait, s’il allait au bal, deprendre garde au moment où il serait pressé par lafoule , parce que ce devait être le signal, et, danstoutes les occasions, de se méfier du rez-de-chausséede Haga. 11 est impossible de savoir quel fut le mo-tif du conjuré , M. de Lilienhorn , qui écrivit cettelettre; si sa conscience voulut s’acquitter ainsi au-près du roi, à qui il devait tout, sans se démentirauprès de son parti, ou si, connaissant le caractèreaudacieux de ce prince, il n’avait pas présenté cctavis anonyme comme une amorce à son courage, ilest certain qu’il ne produisit que le dernier effet.Le roi montra la lettre aux deux ou trois personnesqui soupaient avec lui. Il en fit des plaisanteries,