556 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUrLtÉ.des gardes îileues et de celui de la reine, dont onse croyait sûr, contenir ou entraîner le peuple ,priver même le duc de Sudermanie de la liberté etpeut-être de la vie; enfiu se rendre maître de lapersonne du jeune roi, et lui faire signer et pro-clamer une nouvelle constitution analogue auxprincipes et aux intérêts des conjurés.
L’auteur de la lettre anonyme fut arrêté le mêmejour qu’Ànkastroëm, comme il sortait des appar-tenions du roi, où il avait passé une partie de lajournée. C’était M. Lilienborn , major des gardesbleues, élevé, nourri, tiré de la misère et de l’obscu-rité par le roi, comblé jusqu a ce momentdes faveursde ce prince. Il avoua, après quelques jours , lapart qu’il avait eue au complot ; qu’il avait été sé-duit par l’idée de commander les gardes nationalesde Stockholm , après cette révolution, et de jouerle rôle de M. de La Fayette .
Cependant la maladie du roi éprouvait des va-riations fréquentes qui , jointes à l’ignorance desgens de l’art, ne laissèrent bientôt aucun espoir deguérison. Il conserva, au milieu de ses souffrances,un courage et une résignation sans exemple. Onne lui entendit pousser aucun cri, ni proférer lemoindre murmure. La présence d’esprit et la gé-nérosité qu’il avait montrées dans les premiersmomens se soutinrent jusqu’à la fin. 11 vit plu-sieurs fois sa famille , une fois sa cour. Il fit ap-peler et ses amis et ceux qui avâient été du nombrede ses ennemis, mais qui auraient eu horreur de