CHAPITRE XV.
ration mal calculée contre Thionville , et on n’ylaissa que trois mille hommes de mauvaises trou-pes de l’Empire , qui furent battues et disperséespar le général Custines. Mayence et Francfort fu-rent pris, et les Français se répandirent sur la rivedroite du Rhin et du Meiu , où ils levèrent descontributions et d’où ils ne furent chassés, ainsi quede Francfort , qu’au commencement de l’hiver.
Le prince Esterhazy commandait l’armée d’ob-servation sur le Haut-Rhin ; elle pouvait consisteren seize mille Autrichiens et deux ou trois millehommes des cercles deSouabe, les plus mauvaisestroupes du monde, et si mauvaises qu’on n’osaitleurconfîer la garde du pont de Kehl , qu’elles aban-donnèrent à plusieurs reprises, sans que les Fran-çais , encore novices à la guerre, en profitassent.M. le prince de Condé , avec son corps de quatre àcinq mille émigrés, formés en bataillons et en com-pagnies à cheval, était réuni à celte armée autri-chienne , sous les ordres du général Esterhazy quiétait plus que médiocre. La situation du prince étaitpénible, forcé qu’il était d'obéir à un général surlequel il avait une si grande supériorité par sourang, par ses connaissances, son esprit et sestalens : ce qu’il supporta avec noblesse et résigna-ùon. Ce prince, quoique naturellement méfiantet soupçonneux, avec lequel j’avais eu jusqu’alorstrès-peu de relations, me témoigna beaucoup deconfiance, et, quoique je n’eusse ni ne voulussea voir aucun commandement, il avait la bonté de
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