356 MÉMOIRES BU MARQUIS BE BOUIIXÉ.me consulter fréquemment, et il m’engageait tou-jours à assister aux conférences qu’il avait avec leprince Esterhazy et les autres généraux autrichiens,tous très-peu capables. Ceux-ci étaient toujoursde l’avis de se tenir sur la défensive; M. le princede Condé et moi, de prendre au contraire l’oiïen-sive , leur répétant sans cesse ce grand principe deguerre , que la meilleure manière de se défendreest d’attaquer, et que la rive droite du Rhin étaitplus aisée à défendre en passant sur la gauchequ’en bordant la première ; que les ennemis pas-seraient malgré nous et impunément, s’ils le vou-laient bien, puisqu’il fallait garder quarante lieuesd’étendue pour la défendre, ce qui était impossi-ble. Cependant les généraux autrichiens parurentcéder aux instances du prince de Condé , pour pé-nétrer en Alsace , et on n’en chercha plus que lesmoyens. Le premier était de passer le Rhin , entreHuningue et Brissach, et d’assiéger la première deces places qui, dans le mauvais état où elle devaitêtre , d’après celui où elle était quand j’avais quittéla France , ne pouvait résister même à un bombar-dement de quarante-huit heures : on devait ensuitemarcher sur Schelestatd, dont non-seulement lepeuple mais encore la garde nationale nous invitaità venir nous emparer, ainsi que les habitans dubailliage de Benfeld où est située cette place. Lapossession de Schelestatd nous procurait celle ducamp de Chatenoy , qui coupe l’Alsace en deux, as- >sure la Haute-Alsace à l’armée qui l’occupe, et lut
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