558 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
majeure partie de leurs troupes destinées à garderle Rhin , sous les ordres du duc de Biron, étantrépandues le long de ce fleuve , et le général Cus-tines étant avec un corps d’environ quinze millehommes dans la Basse-Alsace, du côté de Landau.Ce plan adopté , il ne fut plus question que d’avoirle consentement, au moins tacite , des principauxcantons, tels que Soleure, Berne et Fribourg . Leprince de Condé et le généra! autrichien m’enga-gèrent à me charger de cette négociation, sanscependant me donner de lettres de créance. Tousdeux s’y refusèrent; le dernier donna pour pré-texte que le résident de l’empereur en Suisse , quise tenait à Bâle , agirait directement et officielle-ment auprès des magistrats de ces cantons, tandisque j’appuierais cette demande par une discussionpolitique et militaire, sur son objet et son impor-tance; quant au prince de Condé, quoiqu’il mechargeât en outre de lui emprunter une sommede trois ou quatre cent mille livres de ces cantons,sous l’hypothèque de son duché de Guise , en Picar-die , il ne me donna pas de lettres, par une suite deson caractère timide et circonspect, qui lui faisaitcraindre de se compromettre, s’il traitait avec despuissances étrangères, sans y être autorisé par lesfrères du roi; car, je le répète, il avait une crainteextraordinaire de faire aucune démarche qui pûtfaire suspecter sa subordination, toujours extrême,soit dans les armées, soit à la cour. 11 m’a souventdit, à ce sujet, que la conduite de son aïeul, le