CHAPITRE XV.
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M. Steiger même le désirait ; mais ils se refusaientavec raison à donner une autorisation par écrit.Ne jugeant pas à propos d’aller à Fribourg , un descantons qui nous étaient le plus attachés, j’écrivisà M. Vero, l’un des avoyers que je savais être unhomme d’un grand mérite et excellent royaliste :je lui fis les mêmes demandes qu’à ceux de Berne et de Soleure ; j’en reçus la même réponse. Pen-dant le séjour que je fis à Berne , je cherchai à con-naître l’esprit du peuple de cette ville, et ses opi-nions sur la situation actuelle de la France . Jecroyais que le massacre de leurs compatriotes, leio août, les irriterait contre la France , et lesexciterait à la vengeance. Je parlai à plusieursbourgeois et marchands de cette scène d’horreur :ils me répondirent très-froidement que les gardes-suisses avaient eu tort de se mêler de ces affaires,et qu’ils ne devaient pas tirer sur le peuple ; qu’ausurplus, cet événement et ceux qui avaient con-cerné les troupes suisses au service de France nepouvaient intéresser en aucune manière le corpshelvétique . Je jugeai de la vérité de ce que m’avaitdit l’avoyer Steiger, sur l’effet des assignats enSuisse . On m’assura qu’excepté dans les campa-gnes, le reste des Suisses pensait comme les bour-geois de Berne . 11 me fut facile de prévoir que cepays éprouverait facilement une révolution , pourpeu que les Français la désirassent et en fissent dé-velopper le germe ; et il n’était pas nécessaire, pour