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d’autant pins alarmantes, que la caisse du régiment était vide, oudu moins qu’il n’y avait que pour environ 8000 liv. en assignats;qu il était à craindre qu’ils ne se portassent aux dernières extré-mités lorsqu’ils se verraient trompés dans leurs espérances. Cesmessieurs ont en conséquence demandé à la municipalité que pourleur sûreté personnelle elle leur avançât une somme de 26,000 liv.sur un billet qui leur était du pour fournitures qu’ils avaient faitesau régiment, et dont la rentrée était prochaine; ils offraient d’ail-leurs de le cautionner personnellement. Le corps municipal s’estempressé de déférer à la demande de MM. les officiers, et a promisque, dans le cas ou ils seraient forcés à délivrer de l’argent, l’avancequ’ils demandaient leur serait accordée. Aux expressions de recon-naissance et de sensibilité qui accompagnaient les reinercîmens deMM. les officiers, on reconnaissait aisément combien leur situationétait cruelle , et tout ce qu’ils auraient eu à craindre si la munici-palité eût été privée de la satisfaction de les obliger.
» A peine ces messieurs étaient-ils sortis, qu’otî' vit arriver sansarmes un grand nombre de soldats de tous les régimens , et parti-culièrement de celui des Suisses ; ils se rangèrent au-devant de1 Hôtel-de-Ville , et au bruit de la musique quatre députés desSuisses se sont rendus en la salle des séances de la municipalité.Après y avoir été introduits, celui qui était à la tête a demandé,au nom de son régiment, la permission de donner un souper cemême soir aux soldats des autres régimens , à l’hôtel du Palais-lloval. Sur les observations qui leur furent faites que c’était à leursofficiers à leur accorder cette grâce , si elle ne blessait pas la disci-pline militaire et 11e pouvait nuire à la tranquillité de la ville ; surpromesse qu’ils firent de se conduire avec honnêteté , cl (l’aprèsl’assurance qu’ils donnèrent qu’ils avaient obtenu l’agrément deleurs chefs, la municipalité crut devoir se borner à leur recom-mander la paix- et la tranquillité pendant et après le souper.
» Les courses des soldats continuèrent dans toutes les rues, ainsique la veille ; mais il n’y eut pas d’accidens remarquables.
» Le lendemain i 4 , quatre heures de relevée, M. de Balivièrc,commandant du'régiment du roi, accompagné de M. de Perdi-gnicr, chef de bataillon du même régiment, se sont rendus prèsdu conseil municipal, pour le prévenir que huit soldats arméss’étaient rendus chez M. de Balivicre, et l’avaient forcé de leur