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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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ET PIÈCES OFFICIELLES. 3y3

raient pas de la subordination, et qu’ils serviraient la nation, laloi et le roi. Alors la députation s’est retirée aux acclamations desatisfaction des soldats, en ajoutant, en parlant des officiers muni-cipaux : « Ceux-ci peuvent sortir, mais nos officiers ne sortiront» pas. » Il semblait que le calme allait se rétablir ; mais dès lesdeux heures de relevée , le corps municipal avait été obligé des’assembler de nouveau d’après la demande de lotis les officiers durégiment du roi, qui l’avaient piévenu que les soldats persistaientà demander de coutinuer leur décompte, et surtout à avoir com-munication des registres depuis l’entrée de M. du Châtelet aurégiment du roi. Ces messieurs représentaient que cette demandeétait d’autant plus alarmante , qu’il était impossible d’y obtem-pérer , vu que le régiment n’avait de registres que depuis 1776;qu’ils nous priaient de nous rendre près des soldats qui étaientassemblés chez M. de Balivière , pour tâcher de concilier lesesprits. D'après la proclamation du roi, le corps municipal hésitaà se rendre aux pressantes sollicitations de MM. les officiers. Cepen-dant un député des soldats ayant annoncé qu’ils verraient avecplaisir que la municipalité leur donnât des conseils . il fut décidéque deux de ses membres se rendraient, non comme officiers mu-nicipaux , mais comme médiateurs , chez M. de Balivière : là ilsreprésentèrent aux soldats leurs contraventions aux lois de l’As-semblée nationale et à la volonté du roi : ils tâchèrent de les déciderà se borner à faire leur réclamation par écrit, et à l’envoyer à l’As-semblée nationale. Ils ns purent rien obtenir, sinon qu’ils ne tou-cheraient prlus à la caisse du régiment avant que leur compte nefût légalement arrêté, mais qu’ils ne le discontinueraient pas. Deretour à l’assemblée, les officiers municipaux rendirent compte dupeu de succès de leur démarche. A peine ce récit était-il achevé ,que le commandant et le major du régiment de mestre-de-eampfurent annoncés. Ils apprirent au corps municipal que leur régi-ment était en proie au même désordre que les autres ; que les cava-liers avaient demandé un compte; que par l’aperçu qu’ils en avaienteu, ils avaient reconnu que loin de leur revenir de l’argent ils endevaient,mais que cela n’empêcliait pas qu’ils voulussent en avoir,et qu’ils n’eussent menacé fortement dans le cas où on leur enrefuserait ; que déjà ils avaient arrêté le quartier-maître et mis unegarde à la caisse. Ces messieurs ont ajouté que ces menaces étaient