ET PIÈCES OFFICIELLES.
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qui avaient été contraints de faire la route à pied , ne leur permet-tant pas de retourner sur-le-champ, les décida d’adresser au con-seil général de la commune une lettre qui contiendrait les inten-tions de M. de Bouille , pour les faire connaître à la garnison et àtous les citoyens. Le conseil général de la commune ayant reçu lalettre ci-jointe, en a ordonné l’impression et la publication.
» Après la lecture de cette lettre, le corps municipal a requisles chefs de la garde citoyenne de se rendre à la salle de ses séances,et y étant arrivés , il leur en a donné connaissance , et les a requisd’assembler leurs troupes sur la Place-Royale, pour leur faire partdes conditions qu’elle renfermait , sans cependant dégarnir lespostes des portes ; d’en faire donner lecture aux gardes qui pou-vaient être aux postes , et d’ordonner aux uns et aux autres dedéposer leurs armes aussitôt que les troupes de M. de Bouille pa-raîtraient. Le corps municipal faisait cette réquisition, lorsqu’unedéputation du régiment du roi, composée de deux soldats et unofficier, a été introduite, et a aanoncé que l’intention de son corpsétait d’acquiescer à la demande de M. de Bouille et d’aller au-de-vant de lui, sans armes , ayant à sa tête MM. de Malseigne et deNoue, et d’attendre que la loi eût prononcé sur leur sort : elle aassuré que la crainte de périr n’était pas le motif qui décidait soncorps à se rendre ainsi, mais que l’intérêt seul de la ville et de seshabitans lui avait arraché ce sacrifice.
» M. le président a témoigné à cette députation combien le corpsmunicipal était sensible à la démarche du régiment du roi et auxmotifs généreux qui l’avaient dictée, et a engagé les députés à allerannoncer cette nouvelle de paix aux autres régimens et aux soldatsqui pouvaient être aux différens postes. A peine la députation était-elle sortie, quelecorps municipal a été instruit que le régiment duroi venait d’envoyer aux prisons de la Conciergerie du palais undétachement armé, ayant à sa tête M. de Noue , pour en faire sor-tir M. de Malseigne , et placer ces deux généraux à la tête du ré-giment , conformément à la demande de M. de Bouillé.
» Un instant après , l’officier du régiment du roi qui était à latête de la députation de son corps, est venu annoncer que la gardequi était dans l’intérieur des prisons refusait de livrer M. de Mal-seigne , et que MM. les officiers municipaux pouvaient seuls ob-tenir sa liberté.
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