/j.oo Éclaircissements historiques
■» Un cri général n’a laissé aucun doute sur les sentimcns decette troupe ; tous ont dit et répété :
» Dussions -nous mourir , les volontés de notre général serontexécutées. » — M. Dumontet ayant représenté à M. de Bouillé lesdangers auxquels Nancy était exposée pour une faute à laquelleles bons citoyens n’avaient aucune part, il réclama ses bontés et saprotection pour cette malheureuse ville.
» M. de Bouillé lui répondit :
» C’est avec peine que je m’y présenterai à la tête d’une armée :l’Assemblée nationale elle-même souffre d’être dans le cas d’em-ployer ce moyen extrême; mais la nécessité de ramener à l’ordredes soldats rebelles , est une loi que rien ne peut faire enfreindre.Au surplus, retournez, Messieurs , rassurez vos liabitans sur leursort ; que les bons citoyens rentrent chez eux : eux et leurs pro-priétés seront respectés. »
» M. Dumontet observa au général qu’il avait toujours été lepère du soldat. « J’ai toujours été, lui a répondu M. de Bouillé,le père du soldat soumis , du soldat fidèle à ses devoirs ; mais j’a-bandonne le soldat rebelle ; et si je me souviens de lui , c,’est pourle punir d’après la rigueur de la loi. »
» La députation sur le point de se retirer pour aller rendre auxdifférons corps les dispositions de cet officier-général, le régimentsuisse Vigier adressant la parole à cette députation, lui dit :
» Nous rougissons aujourd’hui des revers de notre uniforme ,parce qu’ils sont à peu près les mêmes que ceux de ces brigandsqui vous accompagnent (en parlant des soldats de Château-Vieux);eux seuls les ont souillés : déjà nous avons retourné les revers ,pour ne rien avoir de commun avec de pareils rebelles; il faut lespendre. »
» Les députés du directoire du département et du conseil géné-ral de la commune , craignant les suites que pourraient entraînerle zèle de ces braves guerriers, et l’indignation qu’excitaient en euxla rébellion de leurs compatriotes et leur infraction aux décrets del’Assemblée nationale, réclamèrent l’autorité de M. de Bouillé pourmettre les députés militaires sous la protection de la loi ; en con-séquence , le général a donné les ordres nécessaires pour qu’ilsfussent rendus chacun à leurs corps avec sûreté.
« La- fatigue qu’éprouvaient les députés des corps administratifs