ET PIECES OFFICIELLES.
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qu’il allait charger des gardes citoyens de cette commission ,qu’ils pouvaient rester , et leur a même offert une garde pour lesconduire à l’endroit où étaient les députés qui avaient été envoyésle matin. M. de Bouille a ensuite demandé par quel chemin ilpourrait joindre les trois régimens qu’on lui assurait devoir sortirde la ville : ou lui a répondu qu’il pouvait prendre le chemin quiconduit à la porte Notre-Dame , et qu’à peu de distance de la porteil trouverait, un chemin à gauche qui conduit à la prairie où lesrégimens étaient assemblés.
» Comme cette conversation finissait , MM. de Malseigne et deNoue , parvenus hors de la ville , près du chemin qui conduit à laporte Saint-Louis, M. de Malseigne est descendu de voiture, a faitquelques pas avec M. de Noue , accompagné des officiers munici-paux et des gardes citoyens qui les escortaient, et tout-à-coup latroupe commandée par M. de Bouillé s’est approchée , et un déta-chement de cavalerie a enveloppé MM. de Malseigne, de Noue, lesofficiers qui l’accompagnaient et leur garde.
» Les derniers députés, persuade'sde la sincérité du repentir queles régimens venaient de montrer, ont instruit M. de Bouilié desdispositions de paix dans lesquelles ils étaient ; ils l’ont assuréqu’ils se présentaient suivant ses désirs pour recevoir ses ordres, etnon pour lui opposer une résistance injuste ; qu’il était impossiblede douter de leur retour à la subordination, d’après la bonne foiavec laquelle ils les avaient chargés de lui livrer MM. de Malsei-gne et.de Noue, et ils l’ont sommé d’exécuter ses promesses , et detraiter les régimens plutôt comme des soldats trompés, et qui ontabjuré leur erreur , que comme des soldats criminels.
» M. de Bouillé leur a répondu que si les régimens ne faisaientaucune résistance , il se conduirait avec toute la modération dontil était capable, et que la soumission qu’ils annonçaient produiraittout l’effet qu’ils devaient naturellement en attendre. Les officiersmunicipaux ont ensuite cherché à émouvoir M. de Bouillé parletableau qu’ils lui ont fait de la désolation dans laquelle il allait je-ter les citoyens en entrant dans la ville avec uh appareil aussi im-posant ; mais il les a rassurés en leur promettant que les troupesqu’il commandait étaient pour la sûreté de la ville , qu’il n’avaitd’autre intention que de venir au secours des habitans , et que siles troupes tenaient leur parole il n’y aurait pas une amorce brûlée.
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