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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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ET PIÈCES OFFICIELLES.

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auxquels il serait resté le moindre sentiment dhonneur, produi-sirent un effet absoluxnent opposé à celui que lon devait en atten-dre , et les députés , pour toute réponse , ont été saisis au collet,ainsi que M. Désilles, arrachés avec violence dvi lieu quils avaientchoisi pour leur tombeau , et conduits comme des criminels à lamunicipalité.

» Pendant le trajet, M. Gœury réclama les droits attachés auxinsignes dont il était revêtu ; il remontra aux soldats que ces in-signes le mettaient sous la sauvegarde de la loi, quil en réclamaitlexécution , et il somma les gardes citoyens de la compagnie deColin de prendre sa défense; ceux-ci sétant joints à la garde mili-taire , ont paré un coup de pistolet ajusté sur M. Gœury , et il estparvenu dans cete'tat avec ses co-députés à lhôtel commun.

» A leur arrivée , ils ont trouvé les officiers municipaux exposésà dautres dangers : le corps municipal ayant requis le commandantde la garde citoyenne de faire rentrer sa troupe, une partie desgardes qui étaient rangés en bataille sur la Place-Royale, désiraientse retirer; mais les menaces effrayantes des gardes rebelles qui lescouchaient eu joue , ne leur laissaient pas la liberté de suivre leurpenchant pour lexécution des ordres de la municipalité. Le corpsmunicipal même eut la douleur de voir, sous les fenêtres de lhôtelcommun , des gardes porter la baïonnette sur la poitrine de leurscommandans et de leurs frères darmes , pour les empêcher dexé-cuter les ordres qui leur étaient transmis.

» Cependant la plupart des compagnies voyant le danger qui lesmenaçait, et ne voulant pas surtout se servir de leurs armes contrelarmée qui était aux portes, se retirèrent en bravaut toutes lesatrocités de leurs camarades rebelles, qui ont osé les coucher plu-sieurs fois en joue en les poursuivant dans la rue des Dominicains,adjacente à la Place-Royale.

» Désespérés de navoir pu décider nos plus braves gardes àrester ,ils nont pas craint de fusiller le conseil général assemblé,et sans M. Chariot, qui les a suppliés à genoux de ne pas monterdans la salle des séances pour exécuter un horrible projet, les offi-ciers municipaux et les notables , réunis pour maintenir lordre ,auraient été victimes de leur fureur.

» Les dangers que courait le conseil général étaient si pressans ,que les gardes citoyens de Metz qui sétaient rendus à la maison